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samedi, 10 février 2007
Trois Frontières, Savoir si l’herbe est vraiment plus verte ailleurs
L’Interrégionale syndicale (IRS) des Trois Frontières s’est bâtie avec tous les syndicats partenaires, français (CFDT, CFTC, CGT, FO), belges (CSC, FGTB) et luxembourgeois (LCGB, OGBL). Parmi les premières émanations du Pôle européen de développement, l’IRS observe et agit sur cette région transfrontalière où de grandes disparités existent en matière d’emploi. C’est en tout cas un constat de base, que l’IRS n’a eu de cesse d’explorer, pour le comprendre et l’expliquer à ses affiliés. Car, et c’est là l’important, il y a des ressources humaines, au premier sens du terme.
L’IRS, avec les délégués des entreprises de la région, suit de près les tendances socio-économiques. Un outil est là désormais. Une base de données. Dont l’usage est loin de se circonscrire aux seuls intervenants syndicaux. « Tout était à faire, presque à inventer», explique Philippe Faveaux (CFDT-Lorraine), le président de l’IRS des Trois Frontières. Objectif : compiler les conventions collectives de travail et, surtout, les conventions particulières, négociées au sein des entreprises et ce, dans tous les secteurs d’activités. Et bien sûr des trois côtés du triangle franco-belgo-luxembourgeois.
Une aide à l’orientation professionnelle : Couronnement de trois ans de travail, cette base de données jette un œil direct sur les conditions de travail dans les entreprises. Accessible via le site www.syndicats3frontieres.org , elle permet en effet « de connaître et de comparer les conditions d’exercice des métiers, avec les salaires, les avantages, les inconvénients. Tout le monde parle de mobilité. Mais dès qu'il s'agit d'avoir des informations dans un pays voisin, cela devient difficile pour les salariés ou les demandeurs d’emploi. Et cela revient à assimiler la mobilité professionnelle avec la conduite par temps de brouillard : peu de visibilité. Ici, on peut voir pourquoi on bouge et, le cas échéant, vers quoi l’on va, dans telle entreprise, dans tel secteur d’activité, dans tel pays. Nous, syndicats, étions les seuls à pouvoir disposer de toutes les sources en réseau », poursuit Philippe Faveau. L’outil s’avère un scanner précieux, qui ouvre l’accès à des informations indispensables pour aider au choix d’une orientation professionnelle. Car la comparaison élargit la perception, quitte à briser des tabous. On gagne à tous les coups plus au Luxembourg ? L’examen des données, dans sept secteurs d’activité, représentés par quasiment mille accords collectifs, autorise l’analyse de tous les critères : douze ou treize mois, avec ou sans prime, avec ou sans déplacement remboursé, avec quelles exigences, à quel prix… Sans même parler du plus évident de tous : la durée du temps de travail, plus élevée au Luxembourg qu’en Belgique ou en France. L’herbe est-elle toujours plus verte ailleurs ?
Une ambition, un réel intérêt : L’IRS se félicite d’avoir atteint ses premiers buts, en réussissant la compilation et en la rendant accessible. « Nous espérons que connaître la situation dans d'autres entreprises voisines permettra d'enrichir la négociation collective. L’ambition peut aller jusqu’à contribuer à une plus grande prise en compte de l'égalité des chances hommes/femmes ainsi que des questions de sécurité au travail par une diffusion des particularités prévues dans des accords collectifs.» L’outil virtuel tourne bien, à environ 450 consultations par mois de moyenne, preuve que son intérêt n’est pas seulement épisodique. De fait, outre les salariés, les chômeurs ou les syndicalistes, les patrons et les politiciens, par exemple, peuvent aussi y trouver matière. «Le défi est maintenant de poursuivre le travail, dans l’ajout et surtout la mise à jour des données », souligne Philippe Faveaux. Financé par un programme Interreg, le projet cherche des aides pour se pérenniser. « Nous avons un outil concret et intéressant dans la Grande Région. C’est aussi la preuve qu’il y a un côté structurant dans le dialogue social mené ici. Ce serait dommage de le mettre en péril », conlcut le président de l’IRS des Trois Frontières.
15:47 Publié dans Veille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : veille, emploi, trois frontières, France, Belgique, Luxembourg






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